Running // Compte Rendu 3ème Marathon - MDP 2017, canicule au mois d'avril

by - lundi, avril 10, 2017



En Avril ne te découvre pas d'un fil -

Hier, 9 Avril 2017, j'ai pris le départ de mon 3 ème marathon et 3ème Marathon de Paris.

Si vous avez suivi le périple de ma prépa, vous savez déjà que cela n'a pas été un long fleuve tranquille.
Après 2 semaines de plan d'entraînement respecté à la lettre, avec une motivation en béton, je me blesse.  Je commence donc le mois de janvier avec un syndrome de l'essuie glace - ou tendinite du TFL qui m'oblige à mettre ma prépa de côté pendant 6-7 semaines.

C'est donc avec beaucoup de joie et d'excitation mais aussi pas mal d'appréhension que je me sens au départ de cette course dimanche.

L'AVANT COURSE
Réveil 5 heures, au taquet, excitée et prête à en découdre. J'essaye de rester au lit quand même parce que le réveil été planifié à 6 heures normalement, mais impossible.

Je me lève, je déjeune, me douche, m'habille... Je prépare mon sac à dos  avec 1 L de boisson isotonique (sans sucre, juste électrolytes), je range mes gels dans la poche de mon short, je vérifie que ma coiffure tiens bien, et je réveille mon Homme.

Le stress commence à monter mais j'ai hâte d'y être, je ne réalise pas vraiment que ça y est, j'y suis. J'ai tellement pleuré et déprimé cet hiver quand je me suis blessée qu'être là avec mon dossard me semble dingue.

Je me rends sur les Champs en Métro et mon mec en vélo pour me suivre ensuite et m'encourager à différents points du parcours.

Arrivée sur les Champs à 8h10 pour une heure d'entrée dans le SAS conseillée à 8h20, je ne suis pas en avance cette année.  Un dernier bisou et me voilà de l'autre côté du grillage. J'essaye de remonter pour être au maximum au début du SAS et je me mets dans la queue pour les toilettes. 10 personnes devant moi, départ dans 15 minutes, on y crois.

J'arrive à faire un dernier pipi 2 minutes avant le départ. À peine le temps de réaliser que ça y est je suis sous l'arche, j'active ma montre qui pour une fois et heureusement capte le signal GPS en 2 secondes chrono.




LE DÉBUT: La balade 

Je ne comprends pas ce qui m'arrive quand je descend les Champs, je réalise que je suis partie, la course à commencé sans échauffement, je n'ai pas attendu dans le SAS. C'est la première fois de ma vie que je me lance avec si peu d'attente.... Tant mieux pas le temps de stresser, par contre tant pis pour l'échauffement.

On passe la place de la concorde, puis la rue de Rivoli, à l'ombre.

Les premiers kilomètres sont toujours le moment où je réajuste mon sac, ma ceinture, ma casquette, je regarde rapidement ma montre pour voir si je suis dans le rythme.

Ça passe très vite jusqu'à Bastille alors que dans mes souvenirs, les autres années, c'était ces 5 premiers kilomètres que j'avais trouvé les plus durs. C'est peut être pas si mal finalement de ne pas attendre 30 minutes dans le froid dans un SAS surpeuplé avant le départ.

A Bastille c'est la bousculade, je suis même obligée de marcher tellement tout le monde ralentit. Je fais le choix de zapper les ravito, j'ai 1 L d'eau dans le dos, et tout ce qu'il me faut sur moi.

1 km plus tard entre Bastille et Faidherbe Chaligny, je me dis que finalement le soleil tape et j'aurai bien pris une bouteille pour m'asperger. Heureusement je récupère une bouteille presque pleine qu'un coureur allait jeter et je me la renverse sur la tête, sauvée !
Je comprends alors qu'il va me falloir 1 voir 2 bouteilles à chaque ravitaillement.

BOIS DE VINCENNES

Anne qui a prévu de m'accompagner sur 2 portions du parcours me rejoint au Km 9, Porte Dorée, juste avant le bois de Vincennes.
Je la repère sans problème et nous voilà en route pour le bois, à l'ombre la majeure partie.  Ça fait un bien fou de la voir, et d'avoir quelqu'un avec qui courir.
Je lui explique que j'ai un peu merdé niveau rythme, en effet je me suis laissée emportée par la foule comme une débutante et je suis à 5'10 / km depuis le début, j'ai même vu du 4'50 sur ma montre par moment.  On essaye donc de ralentir et de se maintenir à 5'30 mais c'est dur, à ce moment là je suis en forme et j'ai du mal à gérer mon rythme, je vais vite sans m'en rendre compte.

À partir du KM 17 je commence à sentir mon genou droit, je n'ai pas mal, mais je le sens et ça m'inquiète. J'ai peur que ma tendinite se réveille et m'empêche de finir. En tous cas je commence à me dire "rêve pas poulette, ce rythme tu ne le tiendra pas".
Je raccourci ma foulée et je me force à ralentir pour moins solliciter mon genou. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai la sensation qu'à partir de maintenant ça ne va plus être une partie de plaisir.

Au KM 19 Anne me quitte pour prendre le métro et me retrouver au KM 33, bois de Boulogne.
Je ne dis rien mais en vrai je suis désespérée, aucune idée de comment je vais faire pour tenir jusqu'au 33 toute seule, surtout que je sais ce qui m'attend: LES TUNNELS de la mort sur les quais de Seine.

LES QUAIS
Commence un interminable compte à rebours de kilomètres jusqu'au KM33. Pendant ce segment du parcours, je vous avoue que je ne suis plus vraiment dans le kiffe, je me mets en pilotage automatique, je n'ai pas énormément de souvenirs précis, je regarde un peu mes pieds et je pense à tout ce qui me motive, depuis le début.
Je croise Marie @MarierunsNYC , enfin je crois que c'est à ce moment là, puis Camille @culcullapraline, et ça me fait du bien de voir des têtes connues, je croise Coline que je ne reconnais pas sur le coup mais je me retourne quand j'entends "Aller Mathilde". Je ne sais pas pourquoi mais cette voix m'est familière et ça n'est pas seulement un "aller Mathilde" de supporter inconnu qui crie le nom qu'il voit sur le dossard.

D'ailleurs j'essaye de relever un peu la tête et d'écouter les encouragements et ça m'aide un peu, mais j'ai envie de voir mon chéri.

On passe dans un long tunnel qui me fait à chaque fois une sensation bizarre, le sentiment d'être hors du temps, il fait sombre, il n'y a plus aucun supporter et tout le monde cours en rythme. Certains se mettent à crier des encouragements dans le tunnel et ça résonne, j'en ai des frissons. Sur les murs il y a écrit des messages de motivations made in Asics du style  "la douleur est transitoire, la victoire éternelle" ou "Les héros courent des marathons".
"La douleur est temporaire" je me répète ça dans ma tête et je compte jusqu'à 100, je temporise. J'ai un peu mal aux genoux mais c'est supportable.

Ensuite c'est la série des souterrains en montée / descente, je crois qu'il y en a 4 ou 5 à la suite. J'ai beau faire ce marathon pour la 3 ème fois, je en connais toujours pas le parcours.
Je préfère garder un peu de mystère que faire des repérages à l'avance.

Il fait chaud mais à chaque ravitaillement je prends une bouteille pour boire et une bouteille pour me mouiller le corps. Mes vêtements sèchent en même pas 10 minutes...

BOIS DE BOULOGNE 

Je retrouve Anne au KM 33, Porte d'Auteuil, en pleine montée. J'ai envie de marcher mais je résiste, je sais que quand je m'arrête c'est encore plus dur de repartir en général.
Je vois Anne et mon Chéri sur le côté, j'ai envie de pleurer et d'aller le voir mais je ne peux pas m'arrêter.
Je repense à mon premier marathon où j'étais en forme du début à la fin, où je m'étais arrêtée pour lui faire un bisou au Bois de Boulogne, ou j'avais la tête haute et le sourire. Je me dis que je suis trop vieille pour ces conneries, où du mois plus assez entrainée.

Anne essaye de faire un état des lieux "ça va tu te sens comment là ?" Elle me donne un Brumisateur, se charge de récupérer les bouteilles aux ravitaillements pour moi, j'ai un peu l'impression de revivre. J'essaye de parler pour penser à autre chose.

À ce stade j'abandonne toute ambition de faire moins de 4h; encore moins de battre mon record. Je ne pense plus qu'à finir, je pense même à abandonner.

Mon genou droit ne me fait plus mal mais j'ai une douleur à gauche qui est apparue, je suis obligée de marcher 10 secondes, j'ai le sentiment que je n'y arriverais pas. Nous sommes au Km 35 je crois et je n'ai aucune idée de comment je vais pouvoir finir.
Je repars, puis au bout de 20 minutes je remarche 10 secondes.
Le ravitaillement d'eau me fait un bien fou, je verse 1 bouteille sur mes jambes à chaque fois et ça me permet de repartir de plus belle.

Entre les KM 33 et 35 mon rythme tombe à 5'50- 6' /km alors que je me maintenais à 5'30 depuis le début.

Je désespère un peu mais je continue, hors de question d'abandonner cette course, elle a tellement de valeur pour moi, cette année en particulier, je DOIS la finir.
Sans m'en rendre compte je repars, je retrouve mes 5'30 sans y faire attention et puis Anne me dit "Tu te rends compte qu'on vient de double le meneur 3h45 ?".
Non je ne me rends pas compte, c'est possible ça ?!

J'ai arrêté de regarder ma montre depuis le 30 ème km je crois, je ne fais que penser à finir, pas de chrono, mais voir qu'on est devant le drapeau 3h45 me donne un coup de boost.

Et là j'entends "Mathilde ?!", un abonné court à côté de moi et me dis "J'ai suivi ta prépa sur instagram, ça va ? ". Je suis émue aux larmes, je ne sais pas pourquoi mais le fait de se faire encourager pas quelqu'un sortit de nulle part au pire moment de la course me semble limite miraculeux. Il m'explique qu'il accompagne quelqu'un mais ne court pas le marathon, me souhaite une bonne course...

Anne me remonte aussi bien le moral en me faisant réaliser que je vais bientôt finir mon 3 ème marathon et que sachant que cette année est juste un enfer sur le plan moral / travail c'est assez dingue d'avoir réussi tout ça, surtout qu'on est toujours devant le 3h45.

Je me mets à accélérer encore un peu, je passe à 5'20,  je n'ai plus mal et j'ai comme un élan de motivation, je me dis que le plus dur est fait et que si je mets un peu le turbo j'aurai mon marathon et même 3h45 au chrono, je trouve ça dingue, j'y crois, je fonce.

On passe le 40 ème kilomètre, je suis toujours en phase d'accélération, je double des gens, je ne lâche rien, Je vois mon Homme sur le côté, je revis encore un peu.  Le 3h45 est dépassé et ne m'a pas redoublée, je suis aux anges malgré la douleur et les contractures dans les quadriceps qui commencent à apparaitre.

LA FIN

41-42 ème kilomètre c'est interminable je sais que c'est à portée de main et pourtant....ça me semble impossible.
Je suis à court d'eau, je me suis fait avoir avec le dernier ravitaillement composé de Gobelets d'eau et non de bouteilles comme je le pensais.
J'ai la bouche sèche, je pense à tous mes profs de Réa et des Urgences qui me disait "Le marathon c'est anti physiologique comme sport, tu finis déshydraté, avec une hématurie microscopique, une acidose lactique comme si tu étais en choc septique,  sans parler des chocs sur les articulations".... ça me fait sourire.

Je me dis aussi " Cocotte en septembre tu vas courir dans le Désert sous 35 degrés minimum et avec un sac de 6 kilos ça sera autrement plus dur qu'aujourd'hui, surtout qu'il faudra le faire 3 jours de suite".

Et là, je vois à 5 m devant moi un meneur 3h45.... Je redescends sur terre. WTF qu'est ce qu'il fait là celui là ? Mais c'est pas le même que l'autre... Mais c'est quoi ce B***el , ils ne sont pas du tout dans le même timing, ou alors c'est le même et il m'a dépassée à un moment sans que je ne le vois ?

Je suis tellement obsédée par ce drapeau violet que je ne pense même pas à regarder ma montre... j'accélère encore plus fort, je me pousse comme jamais, je sens que je commence à avoir envie de vomir, comme après un 5 km, comme à la fin de la Parisienne que j'avais couru en 4'22 ...

Je cours je cours quand même et puis on arrive sur le tapis vert, les encouragements sont tellement dingues avenue Foch ! J'ai perdu Anne depuis 1km je crois elle a du sortir avant l'arrivée et me laisser dans mon semblant de sprint de meuf au bout de sa vie.
J'arrive à doubler le meneur 3h45 quelques secondes avant de franchir l'arche d'arrivée.  ! Je l'ai eu, ça y est !

Je regarde ma montre: 3h53, je rigole, puis je pleure.

LA MARCHE FINALE

Je pleure de joie,  je m'en fiche au final de ne pas avoir fait 3h45 et ça me fait marrer d'y avoir cru, mais j'ai quand même réussi à rattraper le meneur d'abord.
Du coup, soit il a eu chaud le gars et il en a chié, comme tout le monde, soit je suis partit très en décalée avec lui mais pourtant j'étais à peu près au début du SAS 3h45... Bref on s'en tape là je veux boire.

Il faut marcher encore 500 mètres pour boire, c'est la traversée du désert.
T-shirt et Médaille Ok mais moi je VEUX DE L'EAU.

Enfin j'attrape 2 bouteilles que me tend Cécile, une abonnée au top qui est bénévole sur la course et que j'ai déjà rencontré 2 fois sur d'autres courses et je me mets à pleurer. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai envie de pleurer, de joie d'avoir fini, de douleur, un peu sûrement. Mais c'est surtout de la Joie.

J'attrape des bretzels salés en ravitaillements, ça fait tellement du bien du salé après 4h de gels sucrés.
Je quitte les grilles du marathon et je retrouve un peu par hasard mon frère.

Mon chéri et Anne nous rejoignent, j'enlève mes chaussures, enfin, la libération.

Je prends mon chéri dans mes bras et je pleure encore un peu.

Puis nous partons.


Et vous savez quoi, finalement j'ai même battu mon RP de quelques secondes ;) 2 objectifs atteints pour 2017. par contre, le gros coup de vieux quand tu réalises que tu as changé de catégorie ;)





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1 commentaires

  1. Waou! Énorme cet article �� Je te suis sur Instagram et je suis venue lire ton article. Toutes mes félicitations en tout cas! Tu as vraiment géré �� Et sincèrement, qui n'en chie pas lors d'un marathon?! Félicitations pour ton record! J'ai rigolé en lisant ce que tes profs te disaient sur le marathon haha �� Ça va les genoux après ça? Bisous et bonne continuation!

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